LE CHIEN A EMPÊCHÉ LA MARIÉE D’APPROCHER DE L’AUTEL… PUIS ELLE A VU CE QUE SON FIANCÉ CACHAIT SOUS SA MANCHE

Personne ne comprit pourquoi Rex changea soudainement de comportement.
Quelques secondes plus tôt, le berger allemand marchait calmement à côté de Camille Laurent dans l’allée de la petite église.
Les invités souriaient.
Les fleurs blanches décoraient les bancs.
Gabriel Delcourt attendait près de l’autel.
Camille n’était plus qu’à quelques mètres de l’homme qu’elle devait épouser.
Puis Rex s’arrêta.
Ses oreilles se dressèrent.
Il fixa Gabriel.
Et avant que Camille puisse comprendre, le chien saisit doucement la traîne de sa robe entre ses dents.
— Rex… lâche ma robe.
Quelques invités rirent.
Camille aussi sourit nerveusement.
— Allez, mon grand…
Mais Rex tira en arrière.
Pas violemment.
Juste assez pour l’empêcher d’avancer.
Gabriel descendit une marche.
— Qu’est-ce qui lui prend ?
Il tendit la main vers le chien.
Rex lâcha immédiatement la robe.
Puis un grondement grave monta de sa gorge.
Le rire des invités s’arrêta.
Camille fronça les sourcils.
— Il ne t’a jamais fait ça…
Gabriel tendit encore la main.
Rex aboya.
Gabriel recula brusquement.
Et sa manche remonta.
Camille aperçut alors la montre.
Argent ancien.
Bracelet de cuir brun.
Une longue rayure traversant le verre.
Son cœur s’arrêta.
— Attends… cette montre…
Gabriel baissa immédiatement sa manche.
Trop tard.
Camille lui saisit le poignet.
— Où est-ce que tu as eu ça ?
Il ne répondit pas.
Elle retourna légèrement la montre.
Deux lettres étaient gravées derrière.
M.L.
Camille devint blanche.
— Elle appartenait à mon frère.
Un murmure traversa l’église.
— Camille…
— Il la portait le soir où il a disparu.
Rex se plaça devant elle.
Camille regarda Gabriel.
— Pourquoi tu portes la montre de Mathieu ?
Avant qu’il puisse répondre, une chaise racla le sol.
Henri Valette, un vieil ami de la famille, venait de se lever.
Son visage était décomposé.
— Camille… n’épousez surtout pas cet homme.
Et Gabriel le reconnut.
1. LE NOM QU’IL N’AURAIT PAS DÛ CONNAÎTRE
Camille se tourna vers Henri.
— Qu’est-ce que vous racontez ?
Gabriel murmura :
— Henri…
Camille se figea.
— Comment connais-tu son prénom ?
Gabriel comprit immédiatement son erreur.
Henri s’approcha lentement.
— Parce que ce n’est pas la première fois que je le vois.
Gabriel secoua la tête.
— Ne faites pas ça.
— Il faut qu’elle sache.
Camille regardait l’un puis l’autre.
— Savoir quoi ?
Henri pointa la montre.
— J’ai vu Gabriel avec Mathieu trois jours avant sa disparition.
Le bouquet glissa presque des mains de Camille.
— Impossible.
Gabriel lui avait toujours affirmé n’avoir jamais rencontré son frère.
Ils s’étaient connus deux ans après la disparition de Mathieu.
— Gabriel ?
Il resta silencieux.
Camille sentit la colère remplacer la peur.
— Réponds-moi.
Gabriel regarda les invités.
Puis l’autel.
— Pas ici.
— Ici.
Rex grogna encore.
Gabriel soupira.
— Oui. Je connaissais Mathieu.
Le monde de Camille venait de se fendre en deux.
2. QUATRE ANS PLUS TÔT
Mathieu Laurent avait disparu un soir de novembre.
Sa voiture avait été retrouvée deux jours plus tard près d’une ancienne carrière.
Téléphone à l’intérieur.
Portefeuille.
Veste.
Aucune trace de lutte.
Aucun corps.
Rex avait été retrouvé à quatre kilomètres de là, couvert de boue.
Pendant plusieurs semaines, Camille avait attendu.
Puis plusieurs mois.
Puis quatre années.
La police avait fini par considérer que Mathieu était probablement mort.
Mais Camille avait toujours gardé un doute.
Une chose surtout l’avait obsédée.
La montre de leur père n’avait jamais été retrouvée.
Et maintenant elle se trouvait au poignet de l’homme qu’elle allait épouser.
Camille regarda Gabriel.
— Tu étais là cette nuit-là ?
— Oui.
Un souffle parcourut l’église.
Henri ferma les yeux.
Camille murmura :
— Qu’est-ce que tu lui as fait ?
— Rien.
— Alors pourquoi as-tu sa montre ?
Gabriel releva les yeux.
— Parce qu’il me l’a donnée.
3. LE DERNIER MESSAGE DE MATHIEU
Gabriel demanda à Camille de sortir de l’église.
Elle refusa.
Il sortit alors son téléphone.
Ouvrit un dossier protégé.
Une vidéo apparut.
Mathieu.
Camille porta immédiatement une main à sa bouche.
Son frère semblait fatigué.
Une coupure traversait son front.
La date affichée en bas de l’écran était celle de sa disparition.
Mathieu regardait la caméra.
— Camille, si tu vois cette vidéo, c’est que les choses ont mal tourné.
Camille ne respirait plus.
Mathieu poursuivit :
— Gabriel n’est pas responsable.
Elle regarda son fiancé.
Gabriel fixait le sol.
Dans la vidéo, Mathieu sortit la vieille montre.
— Je vais lui donner ça. Un jour, s’il te retrouve, tu sauras que je lui ai fait confiance.
Camille se mit à pleurer.
— Pourquoi ne m’as-tu jamais montré ça ?
Gabriel répondit :
— Parce que Mathieu m’avait interdit de te contacter tant que certaines personnes étaient encore libres.
Henri recula légèrement.
Rex le remarqua immédiatement.
Le chien se tourna vers lui.
Camille aussi.
— Quelles personnes ?
Gabriel regarda Henri.
— Lui, entre autres.
4. HENRI
Tous les regards se tournèrent vers le vieil homme.
Henri secoua la tête.
— C’est faux.
Gabriel continua :
— Mathieu enquêtait sur la mort de votre père.
Camille fronça les sourcils.
Son père était mort huit ans plus tôt dans un accident de voiture.
Du moins, c’était ce qu’elle avait toujours cru.
— Quel rapport ?
Gabriel ouvrit un autre fichier.
Des relevés.
Des photographies.
Des plaques d’immatriculation.
Et un nom revenait constamment :
VALLETTE TRANSPORTS.
L’ancienne société d’Henri.
Gabriel expliqua que le père de Camille avait découvert un réseau de détournements financiers utilisant plusieurs entreprises locales.
Il voulait prévenir la police.
Deux semaines plus tard, il était mort.
Mathieu n’avait jamais cru à l’accident.
Il avait poursuivi l’enquête.
Henri murmura :
— Vous ne savez pas ce que vous racontez.
Gabriel répondit :
— Mathieu avait les preuves.
— Où sont-elles ?
La question était sortie trop vite.
Gabriel sourit tristement.
— Voilà la question que vous attendiez depuis quatre ans.
Henri devint pâle.
5. POURQUOI REX AVAIT SURVÉCU
Camille s’agenouilla devant Rex.
Le chien tremblait légèrement.
Gabriel expliqua que Mathieu avait demandé à le rencontrer la nuit de sa disparition.
Ils s’étaient rendus près de la carrière.
Rex les accompagnait.
Mathieu possédait une clé USB contenant les preuves.
Mais quelqu’un les avait suivis.
Deux véhicules étaient arrivés.
Mathieu avait alors donné la montre à Gabriel.
Puis il lui avait ordonné de partir avec Rex.
— Pourquoi Rex a-t-il été retrouvé seul ?
Gabriel hésita.
— Parce qu’on nous a rattrapés.
Il avait été frappé.
Rex avait attaqué l’un des hommes.
Gabriel avait réussi à détacher sa laisse et lui avait ordonné de courir.
Le chien avait fui.
Gabriel, lui, avait été retenu pendant plusieurs heures.
Quand il s’était réveillé, Mathieu avait disparu.
— Et tu n’as rien dit à la police ?
— Ils m’ont montré des photos de toi.
Camille se figea.
— De moi ?
— Ils connaissaient ton adresse. Ton travail. Tes habitudes.
Gabriel avait compris le message.
S’il parlait, Camille serait la suivante.
6. POURQUOI L’ÉPOUSER ?
Camille recula.
— Alors notre rencontre…
Elle sentit soudain son ventre se serrer.
— Tu m’as cherchée ?
Gabriel ne répondit pas immédiatement.
Cette hésitation fit plus mal que tout le reste.
— Au début, oui.
Camille le gifla.
Le bruit résonna dans toute l’église.
Gabriel ne bougea pas.
— Tu m’as menti pendant deux ans.
— Oui.
— Tu m’as demandé en mariage.
— Je sais.
— Est-ce que quelque chose était vrai ?
Gabriel regarda ses yeux.
— Je devais simplement vérifier que tu étais en sécurité. Puis partir.
— Mais ?
— Je suis tombé amoureux de toi.
Camille détourna le regard.
Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle devait croire.
Puis Henri commença discrètement à reculer vers la sortie.
Rex aboya.
Tout le monde se tourna.
Henri s’arrêta.
Camille demanda :
— Où allez-vous ?
— Chez moi.
Gabriel répondit :
— Non.
7. CE QU’HENRI AVAIT VU
Henri sembla soudain vieillir de dix ans.
Il regarda Camille.
— Je n’ai pas tué Mathieu.
— Alors qu’est-ce que vous avez fait ?
Le vieil homme se rassit.
— J’ai conduit la voiture.
Camille cessa de respirer.
Henri expliqua que son entreprise était au bord de la faillite.
Des hommes lui avaient proposé de transporter certaines marchandises.
Il avait accepté.
Puis il avait découvert trop tard qu’il était devenu complice d’un réseau beaucoup plus important.
Le père de Camille avait compris.
Mathieu aussi.
— Cette nuit-là, ils m’ont demandé de conduire jusqu’à la carrière.
— Qui ?
Henri regarda Gabriel.
Puis Camille.
— Je ne connais pas son vrai nom.
— Mensonge.
— Je jure.
Henri sortit un vieux téléphone de sa poche.
— Mais j’ai gardé sa voix.
Un enregistrement.
Il appuya sur lecture.
Une voix d’homme prononça :
« Mathieu ne doit surtout pas rentrer chez lui. »
Gabriel se figea.
Camille remarqua immédiatement sa réaction.
— Tu connais cette voix ?
Il ne répondit pas.
— Gabriel ?
Son visage était devenu livide.
— Oui.
8. LE PÈRE DE GABRIEL
Gabriel s’appuya contre un banc.
— C’est mon père.
Camille recula.
Henri baissa les yeux.
Le père de Gabriel, Étienne Delcourt, était un homme d’affaires respecté.
Il possédait plusieurs entreprises logistiques.
Gabriel avait coupé les ponts avec lui cinq ans auparavant.
Camille comprit soudain.
— C’est pour ça que Mathieu t’avait contacté.
Gabriel acquiesça.
— Il pensait que je pouvais l’aider à comprendre les sociétés de mon père.
Mathieu avait découvert que plusieurs transferts passaient par le groupe Delcourt.
Gabriel lui avait donné des documents.
En secret.
Son propre père ne devait jamais l’apprendre.
Mais quelqu’un avait parlé.
La nuit de la carrière avait été un piège.
Camille sentit les larmes monter.
— Ton père a tué mon frère ?
Gabriel secoua la tête.
— Je ne sais pas.
— Tu viens de dire…
— J’ai seulement entendu l’ordre de l’empêcher de rentrer.
Henri murmura :
— Mathieu était encore vivant quand je suis parti.
Camille se tourna brusquement vers lui.
— Quoi ?
— Il était vivant.
— Vous en êtes certain ?
— Oui.
Un silence immense envahit l’église.
Pour la première fois en quatre ans, Camille comprit que son frère pouvait avoir survécu à cette nuit.
9. LA MONTRE CACHÉE
Camille regarda de nouveau la montre.
Quelque chose lui revint.
Son père avait toujours plaisanté à propos de ce vieux modèle.
« Elle vaut plus à l’intérieur qu’à l’extérieur. »
Elle avait cru qu’il parlait du mécanisme.
Camille prit la montre.
— Ouvre-la.
Gabriel fronça les sourcils.
— Quoi ?
— Le dos.
Un horloger avait montré autrefois à Camille comment ouvrir le boîtier.
Gabriel utilisa la petite pointe d’une épingle de boutonnière.
Le capot se déverrouilla.
À l’intérieur, derrière le mécanisme, était collé un minuscule morceau de plastique noir.
Une carte mémoire.
Gabriel resta sans voix.
— Mathieu savait…
Camille murmura :
— C’est pour ça qu’il t’a donné la montre.
Les preuves n’avaient jamais disparu.
Gabriel les portait au poignet depuis quatre ans.
10. LA DERNIÈRE VIDÉO
Ils utilisèrent l’ordinateur du prêtre.
La carte contenait plusieurs dossiers.
Mais un fichier attira immédiatement leur attention.
SI JE DISPARAIS.mp4
Mathieu apparut à l’écran.
— Si quelqu’un regarde ceci, c’est probablement parce qu’on a enfin trouvé la montre.
Camille pleurait déjà.
Mathieu continua :
— Gabriel, si c’est toi, merci.
Gabriel baissa les yeux.
— Camille, je suis désolé de t’avoir entraînée là-dedans.
Puis son expression changea.
— Il y a une chose que personne ne sait. Le père de Gabriel n’est pas le seul responsable.
Henri releva la tête.
— Quelqu’un de notre famille l’aide depuis des années.
Camille sentit un frisson.
Mathieu sortit une photographie.
Une femme.
Camille se rapprocha de l’écran.
Son cœur s’arrêta.
— Non…
La femme photographiée était Isabelle Laurent.
Sa mère.
Mathieu poursuivit :
— Maman sait beaucoup plus de choses qu’elle ne nous en a jamais dites.
Camille recula.
Sa mère se trouvait justement au premier rang de l’église.
Elle n’avait pas prononcé un mot depuis le début.
Camille se retourna lentement.
La chaise était vide.
— Maman ?
Personne ne répondit.
Rex aboya vers la porte latérale.
Elle était entrouverte.
Camille courut dehors.
Sur le parking, la voiture de sa mère avait disparu.
Son téléphone sonna immédiatement.
Numéro masqué.
Elle décrocha.
— Maman ?
Silence.
Puis une voix masculine.
— Camille Laurent ?
— Qui êtes-vous ?
— Tu as trouvé la montre.
Camille regarda Gabriel.
— Où est ma mère ?
L’homme ignora la question.
— Écoute-moi bien. Ne donne surtout pas la carte mémoire à Gabriel.
Elle se figea.
— Pourquoi ?
Un silence.
Puis :
— Parce que Mathieu a découvert trop tard qui l’avait réellement trahi.
Camille sentit Rex venir se coller contre sa jambe.
— Mathieu est vivant ?
La voix répondit :
— Oui.
Tout autour d’elle sembla disparaître.
— Où est mon frère ?
— Plus près que tu ne le crois.
Puis l’homme ajouta :
— Et si tu veux le revoir, regarde sous l’autel avant que Gabriel ne le fasse.
La ligne se coupa.
Camille retourna précipitamment dans l’église.
Gabriel l’attendait.
— Qui était-ce ?
Elle ne répondit pas.
Son regard se dirigea vers l’autel.
Rex commença immédiatement à grogner.
Pas contre Gabriel cette fois.
Contre quelque chose caché derrière le rideau blanc sous la table.
Camille s’approcha.
Elle s’agenouilla.
Puis tira une petite boîte métallique vers elle.
À l’intérieur se trouvait une photographie récente.
Mathieu.
Plus âgé.
Mais vivant.
Il tenait un journal daté de la semaine précédente.
Au dos de la photo, cinq mots étaient écrits à la main :
« Camille, ne fais confiance à personne. »
Puis une seconde ligne.
« Même pas à Gabriel. »
Camille releva lentement les yeux.
Gabriel se tenait juste devant elle.
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Et pour la première fois depuis que Rex avait stoppé le mariage, elle ne savait plus si le chien avait réellement essayé de la protéger de la montre…
ou de l’homme qui la portait.